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L'Europe sans tabou

L'Europe sans tabou

Regards critiques d'un gauchiste sur la civilisation européenne d'aujourd'hui et de demain. Réflexions géopolitiques contre le politiquement correct et l'idéologie immigrationniste.


Crise syrienne, les véritables enjeux géopolitiques du conflit et le rôle de l'Occident

Publié par Jonathan Kléber sur 22 Mars 2017, 21:21pm

Catégories : #Islam, #Syrie, #Actualité-médias

Crise syrienne, les véritables enjeux géopolitiques du conflit et le rôle de l'Occident

A l'époque d'internet et d'easyjet, on a tendance à considérer que l'humanité s'est affranchie de la géographie. Or celle-ci demeure essentielle pour comprendre la politique internationale et déjouer les mensonges des médias. La Syrie en est un très bon exemple.

 

Syrie, l'heartland du Proche-Orient

 

Le conflit syrien peut s’expliquer en grande partie grâce à la théorie de l’heartland, développée au siècle passé par Mackinder. Selon cette dernière, le pays qui contrôle le centre géographique d'un espace continental (l'heartland) bénéficie d'un avantage géopolitique sur les pays qui occupent les régions côtières ou les extrémités de cet espace continental, avantage qui lui permet de dominer ces derniers.

 

La Syrie et l’Irak, traversés par les plaines fertiles du Tigre et de l’Euphrate, occupent le cœur du Proche-Orient (l’heartland). Le contrôle de ces 2 pays est donc un enjeu géostratégique clef pour qui souhaite contrôler le Proche-Orient tout entier.

 

Au sud se trouve la péninsule arabique, une région désertique fermée par l’océan indien, occupées par les riches pétromonarchies arabes sunnites. Sa position périphérique est une faiblesse géopolitique, Au nord et à l'est se trouvent 2 immenses pays montagneux : la Turquie et l'Iran.

 

Iran contre pétromonarchies: un conflit pluriséculaire et géographique

 

Or l'Iran occupe une position centrale entre le Proche-Orient et l’Asie (interface entre la Russie, l'océan indien, le Moyen-Orient, l'Asie centrale et le sous-continent indien), ce qui fait également de ce pays une sorte d’heartland naturel et lui confère un avantage géopolitique. En effet, de par sa position géographique, l'Iran peut facilement étendre sa domination sur le nord et le sud du Proche-Orient et prendre ainsi cette région en tenaille.

 

Tout naturellement les pétromonarchies sunnites de la péninsule arabique, faibles militairement mais très puissantes financièrement, et alliées des USA, se sentent menacées par le potentiel hégémonique de l'Iran.

 

Or, il est important de comprendre que cet antagonisme Iran/péninsule arabique est un invariant historique qui est conditionné par les données géographiques présentées plus haut. Autrement dit, il y a toujours eu et il y aura toujours une lutte entre l'entité politique occupant le plateau iranien et l'entité politique occupant la péninsule arabique.

 

A l'époque antique, dès que les perses (ancêtres des iraniens) ont rattrapé leur retard économique et culturel sur les mésopotamiens, soit vers environ 600 avant JC, ils ont mis à profit leur position géographique favorable pour étendre leur domination sur la Mésopotamie (prise de Babylone), et même jusqu'à l'Egypte, l’Anatolie (autrement dit la Turquie actuelle) et la Grèce (les fameuses guerres médiques).

Le Proche-Orient

Le Proche-Orient

Un équilibre rompu par l'invasion de l'Irak

 

Aujourd’hui, pour que l’Iran puisse dominer le Proche-Orient comme ce fut le cas à l’époque antique, il lui faut d’abord contrôler l'heartland du Proche-Orient, c'est-à-dire l’Irak et la Syrie.

 

Or quelle était la situation qui prévalait dans ces 2 pays avant l'invasion américaine de l'Irak ? Et bien l'Iran avait précisément réussi à mettre un pied dans ce fameux heartland du Proche-Orient, en soutenant les minorités chiites du Liban (ce qui lui offrait même un accès à la Méditerranée) et de la Syrie. Toutefois, cette domination n'était que partielle du fait que ces territoires n'ont pas de contiguïté directe avec l'Iran. Car en effet, entre l'Iran et la Syrie se dresse l'Irak, qui elle, était dominée par un pouvoir sunnite hostile à l'Iran.

 

Pour résumer, l'Irak était un pays majoritairement chiite dominé par un pouvoir sunnite anti-iranien (Saddam Hussein). Alors qu’en Syrie on avait la situation opposée: un pays majoritairement sunnite gouverné par un pouvoir chiite (Bachar el Assad est alaouite, une branche du chiisme) et pro-iranien. On peut donc dire qu'il y avait un certain équilibre (une forme de compensation) entre les 2 pays.

 

Le problème c'est que l'invasion américaine de l'Irak a complètement chamboulé cette situation et modifié les rapports de force à la faveur de l'Iran.

 

La soi-disante révolte démocratique

 

En évinçant Saddam Hussein, les américains ont permis aux chiites irakiens, majoritaires et sous influence iranienne, de prendre le pouvoir en Iran. Du coup, se dessine désormais un territoire pro-chiite continu qui relie l'Iran au Liban en passant par la Syrie et l'Irak: La péninsule arabique est désormais cernée au nord, à l'est et au sud-est par des territoires pro-iraniens.

 

Bien sûr, les pétromonarchies et la Turquie, soutenus par leur allié américain, ne peuvent accepter cette situation et exigent, en contrepartie de la "perte de l'Irak", de récupérer la Syrie.

 

Ces pays fomentent donc la guerre civile en Syrie. Comme ils ne veulent pas mettre les mains dans le cambouis (envoyer leurs soldats se faire tuer sur place), ils s'appuient sur les sunnites les plus va-t-en guerre, les plus haineux, prêts à se sacrifier pour chasser les alaouites du pouvoir: ce sont bien sûr les islamistes, al qaïda en tête. Les américains approuvent et soutiennent militairement al-qaïda, qui est rebaptisée pour l'occasion « al nosra » (afin de cacher aux citoyens américains que leur gouvernement soutient désormais l’organisation qui a signé les attentats du 11 septembre 2001). Les agences de presse américaines (et leurs relais, les médias dominants européens) sont mobilisées pour la propagande: les islamistes sanguinaires sont présentés comme des gentils démocrates, innocentes victimes.

 

Le problème c'est que l'armée régulière de Bachar, soutenue par les russes, résiste mieux que prévu. Les islamistes ne parviennent à s'emparer que des territoires sis le long de la frontière turque, grâce à l'appui logistique de la Turquie. Ils ne parviennent pas à prendre Damas et Alep, les principales villes de Syrie.

 

Avec la prise de Mossoul, la vérité éclate sur l'Etat islamique

 

Découragés, ils décident finalement, en juin 2014, de changer totalement de direction et de s’étendre vers l’est. Ainsi, ils s’emparent des régions sunnites du nord de l'Irak, dont la ville de Mossoul, appelés par la population locale qui rejette la nouvelle domination iranienne.

 

Indignation et colère immédiate des américains: "on ne vous a pas payés pour que vous vous empariez du nord de l'Irak (on n'est pas prêts pour une confrontation directe avec l'Iran). Le deal c'était que vous preniez la Syrie!!!".

 

Et ainsi du jour au lendemain, les médias occidentaux changent complètement de discours sur les rebelles syriens: tant qu'ils combattaient Bachar el Assad, c'était des gentils. Dès qu'ils prennent Mossoul dans le nord de l'Irak, on les décrit enfin pour ce qu'ils sont réellement: des fanatiques facho sanguinaires et totalitaristes.

 

S'ensuit une période schizophrénique pour nos médias et gouvernants durant laquelle les mêmes islamistes sont présentés comme bourreaux (ce qu’ils sont) lorsqu'ils sont en Irak mais comme victimes de Bachar dès qu'ils franchissent la frontière syrienne.

 

Dès 2015, les américains prétendent bombarder daech. Quelques mois plus tard, comme par hasard, ces derniers lancent une offensive vers l'ouest de la Syrie sur Palmyre. Je n'ai pas de preuve mais je suppose que les américains ont effectivement bombardé quelques positions de daech en Irak. Toutefois ces bombardements n'avaient pas pour but de les affaiblir, mais uniquement de les détourner de l'Irak afin de les pousser à marcher sur les grandes villes de l'Ouest de la Syrie: Alep et Damas. Cet assaut a échoué grâce l'aide des russes, mais daech a quand même réussi à prendre pour un temps Palmyre, sur laquelle ils espéraient s'appuyer pour s'emparer de Damas.

 

Ce n'est que lorsque les russes se mettent à bombarder les islamistes que ceux-ci finissent par perdre réellement du terrain.

 

Une guerre à 3 niveaux

 

Ainsi on voit que le conflit syrien n'oppose pas des soi-disants gentils démocrates (les rebelles islamistes) à un soi-disant méchant dictateur (le gouvernement alaouite de Bachar) comme les médias dominants ont longtemps tenté de nous faire croire, mais qu'il s'agit d'un conflit géopolitique complexe avec au moins 3 niveaux d'enjeux.

  1. niveau local: haine entre sunnites et chiites, galvanisée par le fascisme islamiste, lui-même alimenté par les autorités religieuses et les gouvernants des pays islamistes. Terreau idéal pour les organisations islamistes afin de s'entraîner à faire le djihad.
  2. niveau régional: lutte d’influence entre les pétromonarchies du golf /la Turquie et l'Iran pour le contrôle de l'heartland du Proche-Orient.
  3. niveau international: lutte d'influence entre USA et Russie

 

Les occidentaux coupables ?

 

Comme d'habitude, les anti-occidentaux accusent l'Occident d'être responsable de cette guerre, à cause de l'implication des américains.

 

Foutaise que cela. Bien sûr les américains jouent un rôle dans ce conflit comme on l'a vu. Mais cela est en quelque sorte "normal". En ce sens que, depuis la nuit des temps, il en va ainsi: lorsqu’un conflit régional éclate, les grandes puissances du monde sont sollicitées par les belligérants pour prendre position en faveur d'une partie ou d'une autre. En réalité l'implication des puissances régionales (Turquie, Iran et pétromonarchies) est bien plus importante et active que celle des USA.

Mais surtout les puissances régionales et internationales n'auraient jamais pu avoir la moindre prise sur la Syrie si une partie de la population syrienne elle-même n'était pas dévorée par la haine envers ses compatriotes.

 

Car en effet, une guerre (même manipulée par les grandes puissances du monde) ne peut éclater que si la population locale est prête à se battre. Si, au contraire, la population locale est pacifique, les manigances des puissances régionales et internationales échouent à faire éclater une guerre.

 

Le vrai coupable: la haine promue par le Coran

 

Ainsi donc les principaux responsables de cette guerre c'est bien cette partie de la population syrienne qui est dévorée par la haine de l'autre (entre sunnites et chiites). Or cette haine est bien sûr largement alimentée par les institutions religieuses et les versets sanguinaire du Coran, appelant à la haine des non musulmans mais également des mauvais musulmans, les fameux "hypocrites", omniprésents dans le Coran, que le Coran appelle également à "tuer impitoyablement" (sourate 33, verset 61).

 

Ce sont donc bien les musulmans qui sont les premiers responsables des guerres qui embrasent le monde musulman et notamment la Syrie, et non les occidentaux. Si les musulmans apprenaient à aimer leur prochain comme eux-mêmes et à tendre l'autre joue, comme le Christ nous a enseigné, le Proche-Orient serait aujourd'hui sans doute une région beaucoup plus pacifique, calme et prospère.

 

Je précise que cet article constitue mon hypothèse personnelle sur les enjeux du conflit syrien.

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