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L'Europe sans tabou

L'Europe sans tabou

Regards critiques d'un gauchiste sur la civilisation européenne d'aujourd'hui et de demain. Réflexions géopolitiques contre le politiquement correct et l'idéologie immigrationniste.


Muraille de Chine: cette frontière a-t-elle été profitable à la civilisation chinoise?

Publié par Jonathan Kléber sur 31 Août 2015, 20:55pm

Catégories : #Immigration, #Histoire

On entend souvent répéter dans les médias que contrôler les frontières en érigeant des murs ne servirait à rien. Or, l'exemple de la grande muraille de Chine nous prouve le contraire.

La muraille de Chine, construction inutile?

On cite souvent à l’appui l’exemple de la muraille de Chine, en prétendant qu’elle aurait été complètement inutile dans la protection du territoire chinois contre les envahisseurs turco-mongols du nord de la Chine.

Je ne suis pas expert en histoire chinoise, mais il me paraît évident que la muraille de Chine a au contraire joué un rôle immense dans la préservation de la civilisation chinoise millénaire.

la muraille de Chine

la muraille de Chine

 

La fulgurante expansion de la langue turque, jusqu'à Vienne

Peu d’Européens le savent mais la langue turque, qui était encore il y a moins d’un siècle la langue officielle de la Bosnie Herzégovine, à deux pas de l’Autriche et de l’Italie, est en réalité originaire de la Mongolie, soit une région située tout près de la fameuse muraille de Chine. Or, aujourd’hui personne ne parle le turc en Chine, à part au Xinjiang (chez les fameux Ouïgours), région qui se trouve précisément au-delà de la muraille de Chine. A l’inverse, on parle le turc dans toute l’Asie centrale, dans le sud de la Russie, et dans toute la Turquie, l’ancien Empire romain d’Orient, aux portes de l'Europe. Comment expliquer un tel paradoxe ? Comment expliquer que la langue turque, parlée il y a 800 ans par un peuple largement sous-développé vivant sous des tentes, a-t-elle pu s'imposer jusqu'aux portes de l'Europe alors qu'elle ne s'est jamais imposée en Chine?

 

La Muraille de Chine, rempart efficace contre les peuples turcs

La réponse à cela, c’est que les peuples turcs ont connu, depuis leur berceau d’origine en Mongolie à partir du 6ème siècle, une fulgurante expansion militaire, entièrement dirigée vers l'Ouest du continent eurasiatique. Or, comme les turcs étaient voisins de la civilisation chinoise, en toute logique, ils auraient dû être attirés prioritairement par cette civilisation et ses richesse et auraient dû envahir la Chine. Au début, certes, ils ont essayé. Mais les cavaliers turcs se sont tout simplement cassés les dents contre la muraille de Chine. C'est ainsi qu'ils ont fini par se détourner de la Chine voisine et ont jeté leur dévolu sur le lointain Occident: ils occupèrent d'abord l'Asie centrale, puis la Perse, l’Inde, le Proche-Orient, la Russie, Byzance et finalement l’Europe puisqu’ils ont failli prendre Vienne (et s’ils l’avaient fait nous parlerions tous turc aujourd’hui!).

 

l'empire byzantin, détruit par les turcs

l'empire byzantin, détruit par les turcs

Destruction de Byzance et éradication de la langue grecque au profit du turc

Pourquoi avoir envahi des pays aussi éloignés de leur région d'origine? Parce que les brillantes civilisations de l’Ouest n’étaient pas protégées, elles, par une grande muraille comme la Chine: il était beaucoup plus facile de les attaquer et d’y pénétrer. Les turcs ont donc commencé par conquérir l’Asie centrale, immense région de langue et de civilisation perse, ce qui explique que les langues turques (ouzbèke, turkmène etc.) y ont aujourd’hui remplacé la langue persane. Ensuite, ils ont atteint Byzance, l’autre brillante civilisation de l’époque, héritière de la Grèce et de l’empire romain, langue des premiers historiens, mathématiciens, philisophes etc. En quelques décennies elle a été ravagée, la langue et la culture grecques éradiquées au profit du turc, la religion chrétienne remplacée par l’islam.

 

L'incroyable continuité de la langue et de la civilisation chinoise

Ainsi, on voit que la civilisation chinoise, pourtant voisine des peuples turcs, est parvenue à préserver, tout au long des siècles, sa langue et sa culture dans une incroyable continuité. Alors qu’à l’inverse, les persans et les grecs byzantins (héritiers des romains) ont vu leur civilisation, pourtant si brillantes, en grande partie détruites par les envahisseurs turcs, et leur langue remplacée par les langues turques. Certes la muraille n’a pas été le seul facteur de protection contre les barbares. Il y a bien sûr eu le facteur économico-climatique (les turco-mongols ont développé un mode de vie adapté aux steppes de Mongolie, sorte de « niche économico-climatique », qu’ils ont retrouvé en Asie centrale et en Anatolie) ainsi que les formidables obstacles géographiques naturels protégeant la Chine du reste de l'Eurasie. Mais il est certain qu’elle a joué un rôle prépondérant dans la défense de la civilisation chinoise contre les envahisseurs barbares des steppes. Il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas le reconnaître. Elle a largement contribué à l’extraordinaire continuité culturelle et linguistique de la civilisation chinoise à travers les siècles et les millénaires.

 

Une muraille d'Europe?

Et c'est pourquoi je pense qu'aujourd'hui l'Europe, si elle veut pouvoir préserver sa civilisation, a plus que jamais besoin de sa "muraille d'Europe".

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